Le "tacot" de la 
Montagne Bourbonnaise

Le "tacot" de la Montagne Bourbonnaise, dont le souvenir est encore vivace chez les anciens et qui a semé sur les 38 km de son parcours des gares, tunnels et viaducs que l'on peut encore admirer au hasard de promenades, a eu une existence bien éphémère: 38 ans, comme ses 38 km de voies mais il a rendu durant sa courte vie d'inestimables services.

Une création laborieuse

Dès 1865, le conseil général de l'Allier avait décidé la construction d'un réseau départemental à voie métrique (rails écartés de 1 mètre), mais la décision n'est pas suivi d'effet (la destitution de Napoléon III qui avait mis Vichy à la mode et qui y avait fait son entrée en train le 8 mai 1861 y étant peut-être pour quelque chose).
En 1881, le conseil général vote la construction d'un réseau départemental de 227 km de voies ferrées, ramenées 3 ans plus tard à 170 km.
La première ligne de ce réseau (Moulins-Cosne d'Allier) fut ouverte en 1887, la dernière (Trézelles-Digoin) en 1912.

  Et dans la Montagne Bourbonnaise? Plusieurs projets furent à l'étude, puis abandonnés (dont l'un suivant la vallée du Sichon et passant donc  par Arronnes et Ferrières en  franchissant le col du Beaulouis par un tunnel de 1200m, un autre suivant la vallée de la Besbre  et passant donc par le Mayet puis par La Chabanne).

Le projet définitif (qui avait l'avantage de passer à la fois par Ferrières et le Mayet) fut mis à l'étude dans les années 1906 est finalement adopté en avril 1908.  
En association avec l’entreprise François Mercier qui sera chargée des travaux, l'ingénieur Lapeyre fonde la Société des Chemins de fer du Centre (CFC). 
Les 39 km de voie sont adjugés pour un montant maximum de 3 800 000 F. Le taux d'intérêt garanti est fixé ici à 3,75  par an, pour une durée de 65 ans.  

L'entrée du tacot en gare de Ferrières

    La section de Cusset au Mayet et Ferrières-sur-Sichon est mise en service le 11 juillet 1910, et sera prolongée le 1er janvier 1911 à Lavoine-Laprugne. Elle sera ensuite prolongée par étapes dans le  département de la Loire pour desservir notamment Boën, Balbigny, Régny et Roanne.

L'itinéraire
Les 38 km de l'itinéraire étaient jalonnés de 6 gares avec arrêts obligatoires (Vichy, Cusset, Molles, Le Mayet-de-Montagne, Ferrières sur Sichon et la gare de Lavoine-Laprugne), 2 arrêts sur demande (Les Malavaux et le Roc Saint-Vincent) et 7 arrêts observé par certains trains (Gacon, Les Grands Nauds, Le Pouthier, Barnichon, Baptier, l'Epinglier, les Effayes).

Si les convois les plus rapides ne s'arrêtaient donc que 4 fois durant le trajet, les plus lents pouvaient s'arrêter jusqu'à 13 fois (soit un arrêt tous les 3 km en moyenne…

Mais laissons la parole à M Rouby qui décrit ainsi le trajet Le Mayet-Lavoine-Laprugne:
"Continuant son trajet, en quittant le Mayet la ligne du tacot coupe la route de Cusset et prend la direction de Ferrières sur Sichon ; en s'approchant des montagnes on atteint le col de Puyravel. Ferrières était également un haut lieu de la Montagne Bourbonnaise avec ses foires comme au Mayet,qui créaient l'animation de toute cette région.
Après Ferrières, un tunnel puis le beau viaduc du Moulin Neuf précédé d'une petite halte. Livré au trafic en 1911 ce viaduc en béton avec une arche de plus de 50 mètres d'ouverture, était un des plus beaux de la ligne.
Après cet ouvrage d'art on s'attaquait à la rude rampe du village de Matichard près du rocher Saint-Vincent, cétait la partie la plus dure de la ligne, rude épreuve pour ces vaillantes locomotives.

Dans toute cette région on apercevait de nombreuses petites scieries artisanales actionnées par des cours d'eau . Toutes ont disparu, remplacées par des entreprises d'exploitation du bois plus modernes. Tout ce bois représentait du fret pour le petit train. On amenait ce bois avec des attelages de bœufs jusqu'à la gare de Lavoine. Des planches débitées servaient pour des caisses d'emballages d’eaux minérales de Vichy.

Lavoine était le point culminant de la ligne au col du Beaulouis à 824 mètres. La ligne redescendait ensuite sur la partie Loire pour atteindre le viaduc des Peux, le plus important de la région Centre. On continuait vers le Forez  par Saint Just en Chevalet, nous quittions la partie Bourbonnaise du réseau."

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